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Comment dessiner une rue en perspective ?

Bonjour !
Tout d’abord, avant tout, ne lis pas cet article si tu ne connais pas les bases de la perspective. Je m’adresse ici aux dessinateurs confirmés, qui suivent l’abonnement Dessiner chez Soi, et/ou que j’accompagne dans mon module de formation La Perspective.

Si tu ne connais pas les bases, par où commencer ? Je t’offre ma formation gratuite, de 5 cours de B.A.BA du dessin, pour commencer en douceur et avec toutes les notions.

Nous allons voir dans cet article comment dessiner une rue en perspective frontale, puis en perspective oblique. J’ai réalisé pour cet article 2 vidéos, qui reprennent les étapes pour l’une et l’autre perspective 😉

J’ai choisi, pour ces dessins, un format A3, afin d’avoir la place pour les repères et les détails à la fois.

La rue dessinée en perspective frontale

On utilise la perspective frontale lorsque l’on voit les choses frontalement. Dans une rue, cela veut dire être sur le trottoir, face à la rue, ou devant la façade d’une maison.

Je me demande, avant de les tracer sur la page, où sont, dans la réalité, la ligne d’horizon et le point de fuite ?

Placement de la ligne d’horizon

Pour placer ma ligne d’horizon, je me demande ce que je vois en face de moi, dans ma vision périphérique (en voyant sur les côtés des yeux, sans bouger la tête), d’horizontal. Je regarde droit devant moi.
Pour moi, dans mon dessin, ce sont les hauts de murets.
Or, ils sont à peu près à mi-hauteur de mon paysage de rue.
C’est donc ici que je vais signaler ma ligne d’horizon : au milieu de ma page !

Placement du point de fuite

Selon mon placement droite/gauche, en perspective frontale, le point de fuite bouge avec moi.
Je le placerai plutôt sur la gauche si je suis sur le trottoir de gauche, au milieu si je suis – et peux être ! – au milieu de la rue, ou, comme ici, sur la droite car je suis sur le trottoir de droite.

Si tu as des trottoirs droits comme dans cet exemple, tu peux te fier au trottoir : il rejoint le point de fuite, des 2 côtés ! Cela te donne tes deux premières lignes de fuite, donc ton point de fuite.

NB : J’ai la chance d’avoir mon point de fuite et ma ligne d’horizon sur ma page, car je suis « dans » mon paysage !
Ce ne sera pas toujours le cas : si je suis au-dessus, sur une montagne, la ligne d’horizon sera trop haute pour être placée sur la page, par exemple.

Mon sujet : la rue prise en photo
Le placement de la ligne d’horizon et du point de fuite dans la réalité.

Placement des premières lignes de fuite – ou fuyantes

Ensuite, à partir du point de fuite, nous pouvons placer les premières lignes de fuite, ou fuyantes :

  • celles des trottoirs
  • celles du faîte des toits, du moins celui d’un toit, tracer plusieurs lignes si les maisons ont des hauteurs différentes ! Elles ont toutes la même hauteur, sur ma gauche, dans cet exemple.

Pour cela, on peut se servir de la méthode des inclinaisons (cf programme Bases en Dessin)

Tracé des grands repères en perspective, grâce aux lignes verticales

Cadrage

Je place tout de suite après, comme repères pour cadrer, les premiers repères verticaux, à gauche et à droite. Pour moi, le plus simple sera un poteau électrique et/ou lampadaire. Cela peut être aussi 1 mur, tout simplement, 1 arbre, ou tout autre structure verticale.

De même, on doit « arrêter » la rue au loin : elle ne rejoindra pas, sur le papier, le point de fuite. On ne voit plus rien, à une certaine distance !
A toi de choisir où tu veux t’arrêter de dessiner.

Pour me voir placer ces premiers traits, regarde la vidéo ci-dessous : elle est complémentaire à cet article !

Dessin des grands éléments en perspective

Enfin, je structure. C’est à dire que je trace les grands éléments, je divise mes lignes de fuite en zones : maison, muret, poteau…
Et aboutit ainsi au placement de tous les éléments principaux !

Je trace toutes les verticales ! Souviens-toi, les hauteurs, en perspective frontale, ne sont pas déformées. Elles sont strictement verticales !

A gauche, c’est plus facile, car je vois mieux les éléments. Je subdivise grâce à des traits verticaux les poteaux, murs, et murets, et je dessine les toits penchés comme je les vois penchés – seuls les faîtes et les gouttières subissent la perspective.

Ajout des zones et éléments, par des lignes verticales et/ou penchées.

A droite, je « superpose », tout en subdivisant. Un toit sur un autre, une haie devant un toit, des murets très réduits, dont les poteaux sont presque les uns sur les autres…
Les grands poteaux électriques, le panneau « stop » auront été une aide précieuse !

Ajout des zones et éléments, en subdivisant et superposant les éléments.

Bien sûr, je peux choisir de gommer, par la suite, ces éléments, si je les trouve disgracieux.
De même, je peux ajouter un ou deux piétons, des voitures, si je souhaite ajouter un peu de vie.

A toi de choisir les éléments, et de subdiviser les zones en fonction !

Finitions de ton dessin

Enfin, on ajoute les détails en fonction de ce qu’on voit.
Garde le point de fuite tant qu’il te sert ! Pour les fenêtres, les boîtes aux lettres, les grillages, par exemple, il te sera encore très utile !

Si, à ce stade, tu vois des incohérences, c’est le moment de les corriger. Attention à toujours te poser la question de où va quoi, selon le point de fuite et le placement de chaque élément par rapport aux autres.

C’est le moment de préciser tes traits ! Personnellement, je les ai tous gommés et redessinés plus finement, et de manière plus rectiligne aussi. C’est possible à main levée !

Ajoute les ombrages, importants pour donner de la profondeur et de la vie, et enfin, en tout dernier, dessine ce qui bouge : voitures, piétons, poubelles, animaux…

Voici, pour moi, le résultat :
J’ai dessiné tous les ombrages et détails sur place (en 1 heure de plus), et contrasté sur table, avec un crayon 2B. Tout est fait à main levée.

Mon exemple de dessin de rue en perspective frontale

La rue dessinée en perspective oblique

Pour changer de perspective, je change de placement dans la rue, et cherche un angle. Ils sont en général situés dans les carrefours 😉
J’ai trouvé ! Voyons ensemble comment dessiner un angle de rue.

Voici mon sujet : je suis beaucoup plus proche que pour le dessin précédent : mon dessin de rue sera donc confondu avec le dessin d’une maison seule. Mais je te donne l’astuce pour ne pas la faire ressentir seule au milieu des champs tout même 😉

Mon sujet : l’angle de rue pris en photo.

Placement de la ligne d’horizon

On répète la même approche que précédemment ! Où se trouve la ligne d’horizon ? Que vois-je si je regarde droit devant moi, sans lever ni baisser les yeux ?

Ici, pour moi, ce sera.. au milieu des thuyas ! Je devine qu’elle se situe entre le haut et le bas de la barrière de gauche, car je vois ces deux lignes inclinées de manière opposée.
Un grand indice, pour situer, puis tracer la ligne d’horizon !

Là encore, si j’étais en haut d’un poteau, ma ligne d’horizon sera bien au-dessus de la page, je ne pourrais pas la tracer 😉

Placement des points de fuite et de l’arête verticale principale

Cette fois, nous avons deux points de fuite à placer. Ils sont EN-DEHORS de la page, comme 99% des cas en perspective oblique !

On va donc imaginer des zones, de part et d’autre de la page, qui seront rejointes par lignes, en éventail, de chaque côté. Ce seront comme de grands points de fuite.

Je dois, par contre, absolument avoir sur la page l’arête verticale principale, celle qui, en général, est au milieu, ou la plus proche de moi.

Personnellement, si je regarde devant moi, je vois l’arête que j’ai tracée en bleu ci-dessous : ce n’est pas la plus proche de moi – ce serait le préau – mais c’est la plus évidente, et la deuxième plus proche. Je la prends donc en repère.

Placement de la ligne d’horizon, des points de fuite et de l’arête verticale principale dans la réalité.

Placement des premières lignes de fuite – ou fuyantes

Après avoir reporté mes lignes bleues sur le papier, là aussi, je trace les premières fuyantes. Les plus évidents seront le faîte du toit, le haut et le bas de la barrière, le trottoir, la haie de thuya.

Tracé des premières fuyantes de la maison et sa clôture.

Je trace ensuite les grands éléments : les toits et les murs.

NB : Le faîte du toit forme une fuyante, on l’a déjà vu. Mais comment se passe du côté du pignon d’une maison ?
Ce sera le bas du pignon le plus proche du point de fuite qui sera placé plus bas que le premier, selon une ligne de fuite.

Pour me voir tracer tout cela, regarde la vidéo ci-dessous, complémentaire à cet article, qui te montre ce dessin en temps réel :

Cadrage

Je détermine où est-ce que j’arrête mon dessin, à gauche à droite. Voyant que je devrais réduite la hauteur de la maison si je veux placer les deux, je fais un choix.
Je décide de faire pour toi un autre exemple, avec une maison seule, et ses détails.

J’arrête donc mon dessin avec les éléments les plus à gauche et à droite : la barrière d’une part, et la haie de thuya d’autre part.
La haie semble ne pas s’arrêter ? Si ! Elle l’est, visuellement, par un grillage, celui de la maison d’en face ! Ce sera mon repère de droite.

Dessin des grands éléments : toits, murs, murets, haie

Le détail qui tue : un trottoir coupé…

Ce carrefour est voulu « doux » par la DDE : les angles des trottoirs sont coupés. Je le dis dans la vidéo, c’est qui donne deux inclinaisons au trottoir, sur la gauche. Ce n’est pas évident à dessiner en ébauche, mais cela est tout simple en s’appuyant sur les détails : plus on dessine, plus on s’ajoute de repères !

De même, pour que la maison ne paraisse pas toute seule au milieux des champs, mais bien dans une rue, trace les trottoirs ! Le grillage de droite, mon repère, se fiche dans un trottoir, et j’ai encore un autre trottoir : celui sur lequel je suis assise !

Dessin des autres trottoirs pour situer la maison dans l’espace

Finitions de ton dessin

Et et et… Vois-tu comme mon dessin est déjà presque terminé, dans sa structure ?
Il y a beaucoup moins de tracés structurels à faire que pour une rue, c’est normal, je n’ai qu’une maison.

A moi, donc, les ombrages, les détails, et le peaufinage de mes traits !

Ici aussi, j’ai tout gommé, trait après trait, pour les rendre plus droits et fins, et j’ai corrigé mon dessin : ma hait de thuya n’était pas assez haute, par exemple.

Voici mon résultat : j’ai « assis » mes traits, et ajouté les ombrages sur-place, en environ une heure, puis contrasté mes traits avec un crayon 2B chez moi.

Mon exemple de maison dessinée en perspective oblique : résultat !

Conclusion

Tu as toutes les astuces, en tant que connaisseur.se de la perspective, pour dessiner une rue ou une maison !
D’abord, place ta ligne d’horizon, ensuite, place ton ou tes point.s de fuite, puis ton objet, et les grands éléments.

Les détails et les ombrages viennent ensuite, sur cette structure !

Pour t’entraîner, tu peux choisir l’une ou l’autre des perspective, et une maison ou une rue, c’est comme tu veux !

A très vite !

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